Grégory Foucher
Préface de Pierre Dubois
Premier volume de la collection Monstres et Merveilles, Les Enfants de la Nuit entraîne le lecteur sur les chemins d’une Bretagne crépusculaire, à la rencontre de créatures, de croyances et de récits enfouis dans les mémoires populaires.
Le livre s’ouvre sur la découverte, dans un grenier de Lamballe, d’une malle contenant cartes, objets, papiers et carnets attribués à un mystérieux colporteur breton. Derrière ses comptes de chiffons et ses itinéraires apparaît peu à peu un tout autre travail : celui d’un homme qui aurait consigné, au fil de ses voyages, histoires, rencontres, apparitions et croyances recueillies dans les fermes, les tavernes et les veillées.
Ce premier volume rassemble trois récits où l’enfance occupe une place centrale : enfants perdus, abandonnés, sacrifiés ou vengeurs, toujours aux frontières du monde des vivants et de celui des êtres merveilleux.
France métropolitaine Remise en main propre 15 € Mordelles, Rennes ou lors d’une date de la Compagnie Coppelius
De la scène au livre
La collection prolonge le travail mené par la Compagnie Coppelius autour du spectacle Monstres et Merveilles.
Sur scène comme dans ces pages, il s’agit d’explorer le merveilleux populaire non comme un décor figé, mais comme une matière vivante : croyances locales, légendes, récits transmis, fragments de mémoire et créatures qui continuent de hanter les territoires.
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Préface de Pierre Dubois
Les Enfants de la Nuit est préfacé par Pierre Dubois, écrivain elficologue et grande figure de la redécouverte des traditions féeriques et populaires.
Dans sa préface, « Les trésors de la boîte aux histoires », il inscrit le projet dans la longue tradition du montreur de merveilles et accompagne ainsi la naissance d’une collection consacrée aux imaginaires de territoire.
L’auteur
Grégory Foucher est auteur, marionnettiste, conteur et metteur en scène. Formé à la littérature et à la philosophie, il écrit des spectacles, des contes et des romans.
Son écriture s’attache à la manière dont les figures du merveilleux racontent le monde des hommes. Il a longuement fréquenté les récits d’Anatole Le Braz et le merveilleux sombre de Bretagne, cherchant moins à y retrouver un folklore qu’à y lire les formes que se donnent la peur, la violence, l’espoir et le désir.
Il s’attache particulièrement aux figures monstrueuses, aux êtres mal ajustés, aux freaks, aux créatures de la marge. Non pour leur étrangeté seule, mais parce qu’elles rendent visibles ce que les récits plus sages laissent souvent de côté : la difficulté d’habiter le monde.
Monstres et Merveilles part de ce pari : les formes monstrueuses, parfois grotesques, ont encore quelque chose à nous apprendre sur nous-mêmes et sur les sociétés qui les ont produites. Tapies dans l’ombre de nos nuits, elles continuent de parler de nous.
Extrait
La légende du Buguel Noz
« Il n’était pas rare que ces enfants ne rentrent jamais de la forêt. Ils n’étaient pleurés par personne mais on lançait des battues pour retrouver le bétail. Si les plus jeunes se perdaient dans les bois, d’autres, peut-être plus âgés, préféraient y rester cachés et tenter leur chance dans la sauvagerie au risque de se faire dévorer par les loups plutôt que de recevoir leur correction quotidienne de la main de leurs maîtres.
Seuls, privés de nourriture et de soins, les égarés et fuyards auraient ainsi dépéri, passant lentement de vie à trépas. Mais ils n’auraient jamais reçu de sépulture. Sans le repos d’une tombe ni l’onction d’un sacrement pour leur ouvrir la route vers l’autre monde, ils auraient, malgré la mort, continué de chercher le réconfort d’une mère ou la main protectrice d’un père afin de mettre un terme à leur supplice.
Les bois, lieu de leur errance, seraient ainsi devenus leurs limbes. Maintenus dans l’existence par la seule force de leur détresse, ils ne connaissaient que l’enfance et le manque.
Poussant à la manière d’arbres tortueux qui croissent entre deux pierres stériles et sans tuteur, ils auraient adopté des silhouettes informes aux proportions démesurées et grotesques. Chez eux, l’écorce se mêle à l’os, l’os aux haillons et les haillons à la chair putride.
Le Buguel Noz serait donc la plus innocente et la plus désespérée des créatures des ténèbres. Ni bon, ni mauvais, le Buguel Noz a trop tôt quitté la société des hommes pour apprendre ces distinctions ; il ne cherche qu’une chose : l’amour. »
Le livre
Auteur : Grégory Foucher
Préface : Pierre Dubois
Collection : Monstres et Merveilles — Tome I
Éditeur : Éditions Coppelius
Format : 105 × 148 mm
ISBN : 979-10-989579-0-1
Dépôt légal : septembre 2026
Prix public : 15 €